Enregistré à la maison, dans son studio perso, V.O., quintet
composé de Boris G. et de sa clique, Cédric Castus (guitare),
Dimitri Groenemberger (claviers), Frédéric Renaux (basse) et
Julien Paschal (batterie), nous gratifie de Pictures. Un nom très bien
tombé pour un superbe album qui, tel une B.O.F., ne manquera pas de
dessiner des images dans votre tête, douces et plutôt mélancoliques,
si vous suivez le fil ténu dressé par V.O. entre le rêve
éveillé et la réalité. Ecoutez donc ces 14 magnifiques
morceaux qui ne demandent qu'une chose: venir caresser vos oreilles de leurs
sons parfois tendres, parfois un peu plus noisy, mais sans jamais s'éloigner
de ce fil conducteur de légèreté qui va lentement mais
sûrement tisser autour de vous une toile, vous enveloppant dans un cocon
protecteur. Laissez-vous envoûter par la voix éthérée
du chanteur multi-instrumentiste et homme à tout faire du groupe. Laissez
ces mélodies évoquant tantôt les Beatles ou Brian Wilson,
tantôt Sonic Youth, parfois Death Cab For Cutie, notamment - on a fait
pire comme références... - vous emporter dans leur flux, laissez-les
faire remonter en vous des états d'âme que vous n'aviez plus
éprouvé depuis longtemps. Vous l'aurez compris, ce joyau se
mérite, et ne doit pas être écouté de façon
distraite, mais bien avec attention et, je suis tenté de de le dire,
respect. De toute façon, comment pourrait-on adopter une attitude autre
face à un tel étalage de savoir-faire, de génie? Car
soyons clairs: malgré les influences bien marquées dont j'ai
parlé plus haut, V.O. parvient à ajouter ce petit plus, presque
indéfinissable, qui transforme, qui transcende le magnifique, le superbe,
pour le confiner au sublime. En amour, on appellerait ça un coup de
foudre. Ici, cela s'appelle un coup de coeur. Mais les symptômes sont
similaires, et vous mettent dans un état identique.
Baribal
Avec ce « Pictures », le compositeur et guitariste Boris Gronemberger signe un cédé joyeusement hors catégorie. Les influences digérées et
les ambitions, sans complexes, donnent une suite musicale comparable à un digest de l'histoire de la pop music. Pour enregistrer cet album
dans son studio perso, Boris G. s'est entouré de Cédric Castus à la guitare, de Dimitri Gronemberger aux claviers, de Frédéric Renaux à la basse
et de Julien Paschal à la batterie. Quintet soudé pour un album concept, echafaudé dans la grande tradition des formations phares des années 70.
Une référence s'impose, tant par certains titres que par certains extraits de textes, Brian Wilson, le génie de « Smile » et de « Pet Sounds ».
On pense aussi au travail sonore pointilliste de Matmos, les complices de Björk, ou encore les Death Cab for Cutie, un mystère bien conservé de la
scène américaine. Tout au long des 14 titres, joyaux mélodiques, des refrains entêtants, des collages sonores réjouissants servis par une production
intelligente qui est à la base d'un enchaînement de climats et de tessitures sonores qui semblent bien ne rien laisser au hasard. Les chours qui
servent There's Something, mélodie intemporelle, précèdent un interlude instrumental à la guitare, digne des laboratoires de Derek Bailey, avant
d'enchaïner avec un Before the Night Falls, dont l'inclinaison dirige les souvenirs de nos oreilles du côté de la West Coast. Bref, V.O. c'est aussi
une B.O. - bande originale - dans tous les sens du terme ! Rendez-vous à la Maison des Musiques le vendredi 17 juin prochain, à l'occasion
d'une soirée du label matamore (www.fetedelamusique.be).
Philippe Schoonbrood
D'une générosité qui laisse pantois, 'Pictures' est un premier album génial, riche de croquis et d'esquisses dont la sûreté du trait impose
une beauté fatale. Un disque, un vrai : qui fait chanter, qui fait pleurer, qui rend heureux.
fd
'Pictures' : un monument, un Atlantide trop longtemps englouti dans le cerveau génial d'un fabuleux musicien, un album indispensable qui,
depuis son arrivée, est devenu la bande-son ininterrompue de mon quotidien . Ses amis musiciens le savaient tous, le génie de Boris Gronemberger
finirait par éclater sous la bannière d'un projet personnel; l'avènement de V.O. ressemble à la révélation du plus beau secret de l'année.
sca
L'image est forte : 'Pictures' de V.O. est un fondement , un nouvel 'Eureka' , tout aussi essentiel que celui de Jim 'O Rourke.
sca
Que fait Boris Gronemberger lorsqu'il n'accompagne pas Françoiz Breut sur scène ? Il égrène des arpèges folk en faisant de la balançoire, balade sa voix sur des cumulonimbus aux formes généreuses, rêve d'azur et de chansons à l'hélium. Tout en bas, des Barbapapas pompettes égayent la morne plaine en construisant des trucs bizarres avec des flûtiaux, des xylophones, des bleeps et des larsens, confondant Beach Boys et Sonic Youth, Cornélius et Tortoise. Cocktail de l'été, bien frappé.
Troisième sortie pour Matamore Recordings qui, après le split de Tom Sweetlove et le début de Raymondo tout en attendant un disque de Half Asleep,
affiche une rare cohérence esthétique, juste égalée par la qualité constante de ses productions.
'Pictures' est un disque très maîtrisé, oeuvre de Boris Gronemberger (batteur de Raymondo et musicien fidèle de Françoiz Breut quand il n'est
pas impliqué dans d'autres projets) qui, malgré ses incessantes activités, n'avait encore rien édité de personnel.
On reste assez proche de Raymondo dans le sens où les points communs avec l'ouvre mélodique de Jim O'Rourke sont nombreux, dans le sens où
le chant de Boris est parfois assez similaire à celui de Christian. Une différence nettement palpable entre les deux, c'est que VO ne s'inscrit
pas du tout dans un registre slowcore prisé par contre par Raymondo, il est par contre beaucoup plus proche d'un monde parallèle qui relierait
Gastr del Sol et David Grubbs à certains des formats plus classiques visités par les High Llamas
Très maîtrisé, ce premier album très inventif pâtit cependant d'une production qui ne donne pas toute leur mesure aux arrangements et d'un chant
en anglais marqué par un très léger accent français. Difficile de situer VO, la maîtrise musicale est des plus certaines, les idées sont là formulées
et intégrées, l'imagination est étincelante, mais d'une manière ou d'une autre si ce disque comble mon intellect, il ne m'absorbe pourtant pas dans
sa passion.
Régulièrement sur ce disque, c'est comme lire les premières pages d'un roman des plus prometteurs, mais ne pas pouvoir aller plus loin
car la suite nous échappe, l'encre se diluant dans le papier, floue puis illisible ('There's something', 'Pictures'). A d'autres endroits on se
trouve face à des constructions et arrangements assez (trop) classiques : ces passages à la High Llamas comme sur 'Sunflowers in my eyes' Vol 1 &3
ou 'Le ciel cuivré', un 'La playa del ingles', très Sea & Cake.
Toutefois on sème et récolte quelques perles relativement précieuses, celles où Boris semble se livrer, plus à fleur de peau, devient quelque part
un « je » : sur 'make it', 'wet, windy & cloudy', 'before the night falls', l'instrumental 'sans titre' ou 'the bird tragedy' en une forme d'hommage
à Gastr Del Sol assez similaire également aux tentatives d'appropriation dans le même sens d'un Joan of Arc.
Didier
Voilà un disque bien sympathique ! Boris Gronemberger (Raymondo) nous livre ici 14 « Pictures », 14 titres dans une parfaite harmonie musicale.
Un album intimiste expérimental qui se compose principalement de ballades "pop-romantiques" agrémentées par un joli grain de voix, accompagnées
bien souvent par les arpèges d'une guitare acoustique. On la sent vivre cette guitare, en effet, on entend les vibrations des cordes, les doigts
qui glissent le long du manche, les changement d'accords,... Et ce n'est pas tout, les morceaux sont tous arrangés avec une série incroyable
de sons différents, on sent qu'une réelle recherche a été faite sur ce point. L'exemple le plus frappant est sans doute l'intermède
« Adelaïde's Heat », 1min13 d'ambiance exclusivement musicale ponctuée par des espèces de craquements qui laissent une impression perturbante...
très chouette expérimentation !
Petit bémol tout de même, l'ensemble est cohérent, peut-être trop cohérent ce qui donne l'impression d'avoir un seul morceau sur l'ensemble du
disque, on aurait peut-être apprécié davantage de variations... Coup de coeur pour le titre « Le Ciel cuivré » où la mélodie et la construction
du morceau sont particulièrement intéressants, sans hésitation le single de l'album !
Idéal pour se relaxer et passer un moment des plus zen !
Caro
Sommigen zien in hem de Belgische Brian Wilson. Wij denken dat Boris Gronemberger nog twee klonen heeft rondlopen. Hoe kan ie anders als drummer
actief zijn op z'n minst een half dozijn groepen (o.a. bij labelgenoten Raymondo), en daarnaast nog tijd vinden om het debuut album van zijn band
V.O. af te krijgen ? [.]
nr
[...] Net als zijn anderen projecten is ook deze keer zijn voorliefde voor Chicago postrock goed te horen. Verwacht je echter niet aan de
zoveelste instrumentale plaat want als V.O. gooit Gronemberger zijn talent als singer-songwriter in de schaal. Dat resulteert in mooi
uitgebalanceerde songs die ons doen denken aan The Sea and Cake en de popplaten van Jim 'O Rourke.
gs
C'est discrètement enfoui dans les replis rock belge, que 'Pictures' de V.O. nous a soufflé ses merveilleuses ritournelles aériennes.
(JDN)
Après m'avoir déjà charmé avec leurs cassette et concerts, V.O. arrive aujourd'hui un album sous le bras, l'excellent Pictures, qu'il n'hésite pas à brandir
haut et fort. Et il n'a pas tort ! Pictures nous ramène directement vers un temps où le temps ne comptait pas, un temps où le super 8 capturait les faits et
gestes des personnes aimées et les rendait ensuite sur grand écran, avec la nostalgie qu'on leur connaissait. VO déballe gentiment son pop-rock aux accents
désuets à travers des compositions qui frisent parfois la déliquescence d'un bonheur proche. Le groupe arrive à nous faire planer sans forcer sur les artifices :
sobre, discret, il dilate ses mélodies hachurées, comme sur le très bon There's Something, pour mieux nous faire apprécier une musique qu'on a parfois trop tendance
à oublier. Et si certains pourraient reprocher à Boris son anglais francisé, je ne serai pas aujourd'hui de ceux-là : même si je suis d'habitude très titilleux
sur ce point, il me faut reconnaître que Boris, à l'instar d'un Miam Monster Miam, détourne ses défauts pour en faire des qualités qu'il intègre intelligemment
dans sa musique : si bien que ce léger tintement français dans la voix de Boris passe tendrement sur la mélodie et s'intègre agréablement au tout, pour nous servir
un cocktail des plus agréables, entre folk léger, rock éthéré et jazz refoulé.
Fred
Un beau jour de septembre, un OVNI nommé V.O. eut la bonne idée de débarquer dans le jardin de Jim O'Rourke, et son équipage avait eu la bonne idée d'avoir
de l'inspiration. Emmenés par une guitare folk qui susurrait ses notes dans le creux de nos oreilles déjà séduites par Raymondo, autre projet du déjà
incontournable Boris Gronemberger (Venus, Françoiz Breut), les artistes venus d'un au-delà aux confins d'une galaxie pop où se bousculent Thomas Belhom,
Naïm Amor ou Brian Wilson, entamèrent leur périple soudain vers les recoins de notre âme et, le temps faisant son ouvre de filtre à sensations, nous finîmes
par nous balancer entre les murmures modestes de ces mélodies à l'amertume superbe. Et l'heure venue, un rock surgi du salon où s'alanguissant un Lee Ranaldo
en quête de détente pyromane enveloppa l'atmosphère cotonneuse de sa dynamique bienvenue et c'est l'esprit tranquille que nous regagnâmes la terrasse d'où
quelques sons électroniques cristallins avaient surgi. La fin de soirée approchant, sous un ciel cuivré que même Gauguin n'aurait imaginé, les invités vêtus de
leurs plus beaux oripeaux s'enlacèrent en une tendre mélopée caressante que la planète devait certainement leur envier. Depuis, devenus accros aux paysages
ondulés de douceur, ils ne pouvaient plus s'empêcher de se repasser en boucle un album dont le charme vénéneux ne cessait de conquérir les cours stratifiés.
fab