L’histoire est ironique. Alors même que Venus tirait sa révérence, on apprenait que Thomas Van Cottom, son ancien et regretté batteur, allait enfin concrétiser le projet Soy Un Caballo. Non pas que le sieur Thomas ait chômé durant toutes ces années, loin de là (on l’a notamment retrouvé aux côtés de Hank Harry pour orchestrer sont superbe Far From Clever). Mais il est marquant que ce soit justement au moment où Venus rende son dernier souffle que Soy Un Caballo se décide enfin à prononcer ses premiers mots.
Ironique aussi de constater combien la voix d’Aurélie Muller (seconde moitié de Soy un Caballo) pourtant plus que familière (Melon Galia, Raymondo, Hank Harry, entre autres...) semble ici se révéler comme pour la première fois, dans toute sa splendeur, ayant sans doute trouvé dans cette nouvelle chrysalide l’écrin parfait. Parvenir à surprendre après tant d’années, tout le monde vous confirmera que c’est le meilleur moyen d’entretenir la passion.
Mais laissons l’ironie de côté et commençons par le commencement. Il était une fois un garçon et une fille, Thomas et Aurélie, tous deux musiciens, ayant chacun participé de manière plus ou moins déterminante à divers projets musicaux au cours de la décennie écoulée (Venus, Melon Galia, The Lovely Cowboy Orchestra, Raymondo, etc). En 2005, Thomas et Aurélie publient leur faire-part de naissance : I’m a Horse est né, reste à lui donner vie. S’en suit de longs mois d’un journal en ligne illustrant les premiers pique-niques et gazouillements du cheval bicéphale.
Début 2007, tout s’accélère : devenu "Soy un Caballo", le duo sort 3 vidéos, quelques titres sur myspace, et annonce un album pour mai 2007. Mixé à Londres par Sean O’Hagan (High Llamas) et comptant quelques collaborations de choix (on chuchote le nom de Will Oldham), ce disque est en passe de devenir un des objets les plus attendus de l’année. Les quelques morceaux en écoute sur leur site ravissent en effet les cœurs et charment les esprits blasés : accords délicats, structures osées, atmosphères intimistes, textes touchants, Thomas et Aurélie semblent avoir atteint un état de grâce où tout leur semble possible et où tout est parfaitement pondéré. Touchant, émouvant, bouleversant, de loin ce qu’on a entendu de plus beau depuis très longtemps... que demander de plus ? (aKa)
3e et dernier concert Matamore (après V.O. en décembre et Dada Pâte en janvier) organisé par le Bar du Matin. C'est ce jeudi à 21h et l'entrée gratuite !